On nous pose cette question au téléphone, presque toujours en premier. Elle est légitime, et pourtant elle n'a pas de réponse courte : un site de trois pages pour un artisan qui veut être appelé et une boutique de deux cents références avec paiement en ligne portent le même nom, mais n'ont ni le même travail derrière, ni le même prix.
Ce qui suit ne vous donnera pas votre chiffre. Cela vous donnera les critères pour le situer, ce qui est plus utile : un devis ne se juge pas au montant, il se juge à ce qu'il contient.
Les trois questions qui décident du prix
Combien de pages, et à quoi sert chacune
Une page n'est pas une unité de mise en page, c'est une unité de travail : il faut décider ce qu'elle dit, l'écrire, la dessiner, l'intégrer, la relire. C'est pourquoi le nombre de pages est le premier levier du prix, et de loin.
Six pages couvrent la grande majorité des TPE : l'accueil, une ou deux pages sur ce que vous faites, une page sur qui vous êtes, une preuve, un contact. Au-delà, c'est en général qu'on veut une page par prestation ou par zone géographique. C'est une décision de référencement, pas de vitrine, et elle doit se prendre pour cette raison-là.
Vitrine ou boutique
C'est la marche la plus haute. Une vitrine amène des appels et des formulaires ; une boutique encaisse. Entre les deux s'intercalent le paiement, les stocks, les livraisons, les retours, la TVA : autant de sujets qui ne se règlent pas dans le site mais autour, et qui pèsent plus lourd que le nombre de fiches produits.
Qui écrit les textes
C'est le levier le plus sous-estimé. Fournir vos contenus fait baisser le prix, et c'est parfaitement légitime quand vous savez déjà quoi dire. Mais un site attend rarement son intégration : il attend ses textes. Un projet qui traîne trois mois traîne presque toujours sur ce point.
Ce que cela coûte chez nous
Nos fourchettes sont publiques, et elles sont volontairement des fourchettes, pas des planchers.
Délai calendaire, allers-retours compris. Prix nets, en euros : TVA non applicable, article 293 B du Code général des impôts.
Les dépenses qui viennent après
Le prix du site n'est pas le coût du site. Trois postes reviennent, et il vaut mieux les connaître avant de signer qu'après.
- Le nom de domaine et l'hébergement. Récurrents, modestes au regard du reste, mais annuels. Le point qui compte n'est pas leur montant : c'est qu'ils soient à votre nom. Un domaine détenu par votre prestataire vous rend captif le jour où vous voulez partir.
- Le contenu qui vieillit. Des horaires, une équipe, une gamme, des tarifs : tout cela bouge. Soit vous savez le modifier vous-même (c'est l'objet de la formation comprise dans la formule vitrine), soit vous rappellerez quelqu'un à chaque changement, et c'est là que les petites factures s'accumulent.
- Ce qui vient chercher les visiteurs. Un site n'amène pas de trafic par lui-même. Le référencement, les réseaux ou la publicité sont des dépenses distinctes, et il est plus honnête de les compter à part que de les cacher dans le prix du site.
Trois façons de se tromper de budget
Payer pour des pages qu'on ne remplira pas. Une arborescence ambitieuse coûte à la construction, puis coûte encore en entretien. Mieux vaut six pages tenues à jour que quinze dont dix datent de l'ouverture.
Économiser sur les textes. C'est l'économie qui se rattrape le plus cher, parce qu'elle ne se voit pas tout de suite : le site est en ligne, il est joli, et il ne fait pas appeler.
Refaire au lieu de corriger. Un site qui convertit mal n'est pas toujours un site à jeter. Il arrive que le problème tienne à trois pages, à un formulaire trop long ou à une vitesse de chargement, et qu'une refonte complète soit un budget dépensé pour rien.
Comment savoir ce dont vous avez besoin
Il n'y a pas de raccourci : il faut regarder votre situation. C'est ce que fait l'audit : un document écrit de quatre à six pages, gratuit, qui vous appartient et que vous pouvez emporter chez n'importe quel prestataire. Il dit ce qui coûte le plus cher aujourd'hui, et si c'est bien le site.
Il arrive qu'il dise que non : le chantier le plus rentable n'est pas toujours celui auquel on pensait. Nous avons écrit ailleurs par quoi commencer quand le budget ne permet qu'un chantier. Demandez le vôtre : vous saurez ce que votre site doit changer, et ce que cela vaut.